Lumières sur Cuba  

 

Le tourisme dans la perle des Caraïbes

Bienvenue dans l'île la plus fameuse des Caraïbes ! Perle inégalée dans le vaste monde hispanophone teinté d'exotisme, d'influence africaine ou amérindienne, Cuba mérite vraiment une mention à part. Et il n'est pas exagéré de prétendre que cette île, la plus grande des Antilles, est de loin la plus riche de cet univers, autant par son histoire, sa culture ou son peuple. Il ne faut pas l'oublier, les Cubain sont un des peuples les plus intéressants de notre planète. A découvrir absolument.

Géographiquement, Cuba, surnommée aussi "l'Ile Verte", "la Grande Ile" ou le "Crocodile des Caraïbes" (à cause de sa forme) est à moins de 150 km à l'est des côtes de Floride, avec au nord l'archipel des Bahamas et au sud les IIes Caïmans. Ce n'est pas pour autant un paradis... fiscal ! Bien au contraire. La règle, sur l'Ile, c'est l'égalité des conditions de vie pour tous. Accès à l'éducation, à la santé, au travail... Cuba est une exception dans le monde latino-américain.

Une classification naturelle voudrait que l'Ile soit divisée en quatre régions : l'Occidente, Las Villas, Camaguey et l'Oriente.

L'Occidente, ou la façade ouest, est composé de vallées où l'on cultive essentiellement le tabac et la canne à sucre, la récolte de cette dernière, la "zafra", rythmant la vie d'une grande partie des habitants. La région de Las Villas est réputée pour sa richesse écologique avec ses forêts denses et ses milliers d'espèces de fleurs. La province de Camaguey est encadrée de chaînes de montagnes très anciennes tandis que la province d'Oriente, à l'est, s'étirant vers sa voisine Haïti, peut être considérée comme le cœur historique et culturel de Cuba. Ici s'élève également le point culminant du pays avec le Pic Turquino (1 972 m). C'est dans cette région que débarqua Christophe Colomb qui la décrivit, en 1492, comme la plus belle contrée qu'il lui ait jamais été donné de découvrir.

Cuba est entouré de plusieurs chapelets d'îles (les "cayos"), soit en tout 5 archipels les uns plus ravissants que les autres, où les paysages de carte postale à couper le souffle avec palmiers, mer turquoise et plage de sable fin ne sont pas de vains mots. C'est le gros lot des amoureux de nature, de bronzette, de farniente ou de plongée sous-marine.

Un pays riche de sa culture et de son peuple

Les plaines de Cuba et ses vallées sont façonnées par les champs de canne, de riz, de patate douce, de tabac ou encore de café, d'agrumes, de maïs ou de fruits. La joie de vivre des habitants y est sensible. L'autre facette du Cubain amical à la générosité chaleureuse est son caractère indépendant. Son naturel farouche et sensible a dû trouver sans doute un terrain où se développer avec les hautes montagnes, refuge des "cimarrones" (nègres marrons), esclaves noirs ayant fui les exploitations de canne pour se révolter contre l'oppresseur espagnol.
Fier, généreux et libre, tel est le Cubain. Les hommes et les femmes de ce pays, beaux, cultivés, naturels et sans affectation, ont façonné au fil des siècles ce que l'on appelle un peuple "de caractère".

Et c'est tout naturellement qu'il convient aussi de les aborder, sans chichi et surtout sans ce sentiment de supériorité qu'éprouve parfois le touriste pour les habitants du pays où il a mis ses sous... N'oubliez jamais que derrière un serveur de restaurant, un marchand de souvenirs ou un chauffeur de taxi se cachent souvent un enseignant, un chercheur, un ingénieur ou un médecin. Pénurie oblige, les cadres de la République ont dû, de période spéciale en période spéciale, se reconvertir dans le tourisme, en passe de devenir la première activité économique du pays.

Que visiter en premier à Cuba ? Il y a bien-sûr la Havane légendaire. Celle que l'on découvre d'abord dans les films à la sauce hollywoodienne. Ou bien dans les documentaires, avec ses vieilles maisons coloniales alignées devant le Malecon, la mythique promenade en bord de mer. Parmi les incontournables de cette fabuleuse capitale il y a les bars cultes que sont la Bodeguita del Medio ou la Floridita. Vous vous y trémousserez au son de la salsa ou vous vous perdrez dans son centre historique de "La Habana Vieja" inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco.

Des villes inscrites au patrimoine mondial

Mais il y a Santiago aussi. A visiter à tous les coups pour ne rien perdre de l'authenticité de ce pays. Santiago de Cuba c'est l'essence caraïbe de l'ïle, le berceau de la Santeria et des cultes animistes importés d'Afrique, la source de la "Trova" ou du "Son", genre musical cher à Compay Segundo. C'est aussi la métropole de la province de l'Oriente qui vit naître le mouvement révolutionnaire unique qui fit de Cuba la terre d'exception que l'on connaît aujourd'hui. Son charme colonial, son église, ses rues étroites en escalier, ses balustrades et ses patios, tout y mérite largement le détour.

On s'intéressera, côté terroir, à la région de Pinar del Rio, avec sa vallée de Viñales réputée pour ses champs de tabac. Côté tourisme pur ce sera plutôt Varadero, station mondialement réputée pour ses kilomètres de sable fin et ses hôtels clubs qui font fureur avec leurs packages "todo incluido" (tout inclus).

Enfin, les passionnés de vieille pierre s'intéresseront plus particulièrement à Trinidad, ville inscrite comme la Havane au Patrimoine mondial de l'humanité. Maisons opulentes à l'architecture étonnement conservée, palais intacts au charme suranné, c'est la séquence nostalgie d'une époque révolue comme on en voit dans ces films où le romanesque le dispute au faste, la grandeur au bon goût.

Quelques chiffres :
• Population : 11 millions d'habitants
• Cuba, situé dans la mer des Antilles, est à 9 heures d'avion de Paris.
• Capitale : La Havane
• La meilleure période pour y aller : de décembre à février
• Langue officielle : l'espagnol
• Religion majoritaire : catholique
• Régime :
• Faut-il un visa ? Oui
• Décallage horaire : 6 heures de moins qu'à Paris
• Largeur de l'île : 1 500 km d'est en ouest
• Températures moyennes : de 20°C en janvier à 27°C en juillet
• Saison des pluies : de mai à octobre
• Gouvernement : République, définie comme un "état socialiste des ouvriers et paysans", dirigée par Fidel Castro, le lider máximo, premier secrétaire du parti communiste cubain, commandant en chef des forces armées.

Quelques contacts et adresses :
• Office de Tourisme de Cuba, 280, boulevard Raspail - 75014 Paris
Tél. : 01 45 38 90 10
• Ambassade de Cuba à Paris, 14 - 16, rue de Presles - 75015 Paris
Tél : 01.45.67.55.35

• Pour découvrir le vrai Cuba, loin des clichés et des idées reçues, consulter le site internet de nos amis et partenaires de l'association Cuba Si France : www.lesamisdecuba.com
Adresse : 94, boulevard Auguste Blanqui - 75013 PARIS
Téléphone : 01 43 36 37 50


La musique à Cuba

S'il est un art par lequel Cuba brille dans le monde entier c'est bien celui de la musique. Depuis les accords enjoués de la "Cucaracha" jusqu'aux compositions universellement connues du groupe "Buena Vista Social Club" avec comme figure remarquable le grand Compay Segundo, la musique cubaine fait l'objet d'un même engouement sur tous les continents. 

Les noms de Benny Moré, figure culminante du "son", surnommé "El Barbaro del ritmo" (Le barbare du rythme), de Celia Cruz, diva incontestée de la salsa (née dans les quartiers latinos du Bronx à New York), de virtuoses comme Ray Barreto (congas) ou Eddie Palmieri (piano) sont ceux d'icônes vénérées par les amoureux de mélodies et de rythmes entraînants et chaleureux.
Faut-il parler, pour Cuba, de musique populaire ? Certes oui. Pourtant la musique de l'île Verte, malgré son caractère "grand public", n'a rien de "simple". Elle est au contraire d'une grande complexité. N'est pas joueur de son ou de salsa qui veut. Et pour cause : cette "musique populaire sophistiquée" est un mixte des musiques importées de la Vieille Europe (Espagne, France, Italie), de l'Afrique des Esclaves (Niger, Bénin) et de celle du Nouveau Monde (peuples amérindiens). 

Un mélange qui a mûri au cours des siècles pour donner une multitudes de styles tels que la "habanera", le "mambo", la "comparsa", la 'rumba", le "danzon", la "contradanza"... qui font partie du quotidien de tout Cubain. 
La musique cubaine c'est donc toutes ces influences venues d'ailleurs (quadrille, tango, flamenco, rythmes noirs) mêlées à la culture caraïbe. D'où leur originalité et leur grande richesse.

Après le deuxième coup d'état (réussi) de Fidel Castro avec son frère Raúl et le Che en 1959, la musique de Cuba aura aussi sa révolution et deux titres en particuliers connaîtront, après ce grand tournant, leur heure de gloire : la "Guantanamera" composée avec les paroles de José Marti, père de toutes les révolutions populaires sur l'Ile et "Hasta Siempre", éloge de la figure héroïque du Che par Carlos Puebla, chantre officiel de la révolution castriste.

C'est l'époque glorieuse de la salsa et la musique cubaine s'exporte dans le monde entier. De nouveaux groupes font parler d'eux comme Los Van Van ou la Orquesta Aragon et de nouveaux styles apparaissent issus de nouveaux mélanges comme le "bolero-blues" du Buena Vista Social Club ou le "son-afro" des "Afro Cuban All Stars".

Aujourd'hui les noms de Compay Segundo (jouant de son instrument fétiche "l'harmonico") ou d'Ibrahim Ferrer (chanteur) n'ont de secrets pour personne, tandis qu'une nouvelle génération propose des œuvres inspirées de mouvements musicaux contemporains. Ainsi les tubes de formations comme les "Orichas" et, plus récemment encore, de "Papa Umbertico" influencé directement par le "rap" en provenance des Etats-Unis font un tabac au pays comme à l'étranger.

Dans tout ceci il est un paramètre essentiel à ne pas négliger : l'attachement viscéral de l'état au développement de cet art grâce auquel, partout à Cuba, il est permis de suivre des cours de musique autant classique que folklorique ou traditionnel. Résultat : où que vous alliez, dans la patrie des "soneros" et des "salseros", dans la plus reculée des campagnes, le moindre petit orchestre jouant parfois à deux ou trois avec le strict nécessaire comme instrument à corde, à cuivre ou à percussion, déploiera sous vos yeux ébahis un talent inimaginable digne de se produire dans nos grandes salles de concert.

Ceci dit sans aucune exagération : une petite formation cubaine anonyme de quartier composée d'une guitare, d'une paire de bongos et d'une trompette est tout à fait capable de faire un tabac et de soulever les foules dans un espace parisien comme le Bataclan ou l'Olympia car la qualité de la formation musicale à Cuba est, partout, de très haut niveau. C'est là un des traits propres au génie cubain.

Le saviez-vous ?
En 1994, le grand Compay Segundo, figure charismatique de la formation Buena Vista Social Club, que le film de Wim Wenders a contribué a rendre mondialement célèbre, débarque à Paris. Et savez-vous où s'est tenu son premier concert dans notre belle capitale ?
Au Havanita Cafe précisément. Preuve que notre établissement a été précurseur, de tout temps, dans ce pays, pour populariser tout ce qui concerne de près ou de loin les arts et la culture cubaine.


La culture culinaire cubaine

Riz, porc, poulet, sauce piquante, voici les incontournables de la cuisine populaire cubaine. Avec comme plat emblématique le "Moros y Cristianos" (Maures et Chrétiens), allusion au blanc du riz et au noir des haricots qui en sont les principales composantes. La cuisine cubaine peut être délicieuse. Rien de mieux pour la goûter que de débarquer dans un de ces "paladares", les restaurants chez 'habitant, où vous pourrez parfaire votre culture culinaire à la sauce de Cuba. Beignets, légumes roulés dans des fines herbes, petits plats de viande mitonnés à la canne à sucre, à la crème de coco, à la mangue, au curry, au miel, au citron avec souvent une pointe de piment... Le summum du raffinement caraïbe s'y donne rendez-vous.

Plus généralement, le commun des mortels est un habitué de la tortilla, avec viande ou fromage, du cochon grillé, du poulet accompagné de riz, de bananes vertes frites ou grillées.
Dans les hôtels, c'est le régime "continental". Ne pas s'attendre à des miracles. Poulet (encore), jambon, fromage, papayes, melons, mangues, bananes, légumes frais, salades.
Si vous fantasmez sur la langouste de Cuba - attention ! produit de luxe - vous en trouverez dans les paladares ou des restaurants d'état répertoriés.
Le poisson n'as pas droit de cité non plus à la table des Cubains. Hors de prix, il prend régulièrement le chemin de l'export.

Ne manquez pas, à l'occasion, de goûter au traditionnel "carajillo", le café servi avec du rhum. Le café cubain est plus fort que le café américain (qui, de toute manière, n'a pas de goût).
Côté bibine, on ne présente plus les Daïquiri, Mojito et Cuba Libre, la sainte trinité née du rhum auquel tout visiteur ou amoureux de l'Ile Verte doit forcément rendre hommage un jour.
Le vin, lui, n''est certes pas folichon, mais il est 100% cubain. Alors, si vous voulez mériter de la Révolution...

La bière, par contre, est de qualité. Douce, agréable au gosier, il se laisse boire à un prix très raisonnable.

Le rhum enfin (avec comme plus belle référence la marque Havana Club pour ne pas la citer) est fameux dans toute la zone caraïbe.
Quoi qu'il en soit, où que vous alliez et quoi que vous fassiez au pays des guerrilleros, n'oubliez jamais que les temps y sont toujours durs. Que les "périodes spéciales" faites de rationnements et de sacrifices ne sont pas encore tout à fait révolues. Hommes cubains et femmes cubaines se démènent chaque jour pour assurer leur subsistance et la privation, là-bas, n'est pas un mot en l'air. Rien de commun avec notre quotidien où l'on remplit vite fait son petit (ou grand) chariot au super (ou à l'hyper) du coin et où l'on râle si la caisse ne tourne pas assez vite. A Cuba tout est difficile et fait de contraintes.

Alors, si côté bouffe tout n'y est pas toujours au top inutile de la ramener car vous n'êtes plus au bouchon lyonnais de votre quartier pour exiger d'être servi dans les règles. Et si vous avez hérité du pays de Rabelais quelques réflexes en matière de culture gastronomique, le Cubain que vous aurez en face de vous sera peut-être capable de vous citer par cœur quelque passage du "Gargantua" dont vous ignorerez peut-être jusqu'à... l'orthographe;

La trilogie sacrée du rhum

Tout d'abord, une phrase à connaître sur le bout des doigts :
"Mi daïquiri en la Floridita, mi mojito en la Bodeguita" ("Mon daïquiri à la Floridita, Mon mojito à la Bodeguita").
Attribué à Ernest Hemingay, figure incontournable du panthéon cubain, ce slogan du poivrot admirable que fut le grand aventurier, chasseur de grands fauves, pêcheur de gros et trousseur de filles, montre que c'était un habitué de la tournée des grands ducs avec comme principaux points de chute les deux cafés cultes de la Havane que sont la Floridita et la Bodeguita del Medio. Quant aux cocktails en question, les avis restent partagés quant à leur origine.

La version la plus courante attribue la paternité du daïquiri au général américain Shafter, qui débarqua avec ses troupes dans la région de Daïquiri près de Santiago. Fort mauvais stratège il était néanmoins un homme de goût et amateur du cocktail portant le nom de cette région. Et, pour ajouter aux propriétés désaltérantes de la recette rhum, jus de citron et sucre il eut la bonne idée d'y ajouter de la... glace.

C'est ainsi que piètre envahisseur yankee contribua néanmoins à immortaliser la boisson préférée de Hemingway. Quand au bar El Floridita (surnommé "le berceau du daïquiri") situé à la Havane, ce fut là que, quelques années plus tard, un "cantinero" (barman) au nom de Emilio González, rendit populaire l'exquis breuvage.

Le Mojito, qui est aux Cubains ce que le Pastis est aux Marseillais, se nommait à l'origine le "Draque". Il aurait changé de nom et serait devenu "mojito" par adjonction de rhum. Très parfumé grâce aux feuilles de menthe écrasées dans le verre où il est servi, on le sert avec du citron,du sucre de canne et une eau gazeuse (de l'Indian Tonic pour certains). Les purs et durs ne vous parleront pas de menthe mais de "hierba buena" (herbe du bonheur), qui est tout simplement la variété de menthe cultivée à Cuba.

Le troisième larron de la trinité alcoolisée cubaine est le "Cuba Libre" (prononcer "couba libré"). On prétend que c'est un officier américain (encore un !) qui aurait, en toute désinvolture, commandé dans un bar cubain qu'on lui serve du rhum avec un zeste de citron et des glaçons le tout arrosé de Coca Cola, la boisson préférée de l'Oncle Sam.
Le cocktail improvisé fit très vite des adeptes et par une ironie du sort cette invention yankee connaîtra une grande popularité sur l'île de l'ennemi héréditaire des USA.

 


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